Dimanche 10 janvier 2010
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A la "Grande Maison", la vie battait son plein. Le premier des citoyens zainarien tenait bon les rennes du pouvoir et regardait sa cour sereinement. Pour l'instant tout
était calme, en apparence car dans les coulisses du pouvoir tout se pensait. L'un et l'autre gardaient la tête haute car ce n'était pas le moment de craquer, de prendre des risques. C'est comme
lors d'une course, il faut partir à point, pas trop tôt ni trop tard. Chacun préparait sa stratégie de combat, la création d'un réseau, d'un groupe d'intimes, d'une arrière-garde, d'éléments
rassembleurs, ... afin de taper un grand coup lorsque le moment serait venu.
Cela se préparait en douceur mais par anticipation. Encore quatre années, c'était long et court à la fois. Pour préserver sa chance d'être sélectionné pour la place finale, celle de " Maître de
la Grande Maison", il fallait la jouer fine: se montrer, s'exprimer, se glorifier, ... à n'importe quel moment, à n'importe quel endroit. Le jeu des chaises musicales allait démarrer en douceur.
Le gagnant ou la gagnante serait celui ou celle qui aurait réussi à rassembler le plus de force vive autour de lui ou d'elle: des politiques, des militants, des syndicalistes, des associations,
d'un côté mais aussi des chefs d'entreprises, des banquiers, des commerçants de l'autre. Les deux mondes réunit pour soutenir leur leader. Chacun ou chacune avait sa chance. La différence serait
faite sur l'obstination, le charisme et le courage du candidat au poste suprême, celui de Gouverneur de San Zairna de Boguenda.
Malgrè la Crise et la gestion de celle-ci et le manque de perspectives enthousiasmantes au niveau du développement économique du bassin d'emploi zainarien, cela ne diminuait par la détermination
des éventuels candidats. Mme la députée, Messieurs les conseillers en charge des affaires culturelles, des transports urbains, de la jeunesse et de la construction urbaine, pour ne citer que ces
éventuels candidats au sein de la majorité, étaient bien déterminés à poursuivre leur cheminement, convaincus du bien fondé de leur démarche. Chacun et chacune devait penser à cela quand il ou
elle se levait le matin et se regardant dans le miroir.
Le maître en avait cure ; ce qui lui importait, c'était l'instant présent, sachant qu'il serait rapide et intense. La crise au niveau de la nation Boguenda faisait rage et cela allait
toucher directement ou indirectement les finances de son gouvernorat. Les multiples projets et perspectives d'aménagement, de culture, de jeunesse, ... concernant le gouvernorat allaient devoir
attendre. Le gouverneur ne voyait pas cela d'un bon oeil et pas conséquence, les éventuels candidats aussi. Il ne manquerait plus que l'opposition soit force d'un autre projet pour la gouvernance
de San Zairna et tout basculerait. La seule solution envisageable était d'associer une multitude de forces vives dans la perspective des futures échéances électorales, mais cela n'était pas dans
les habitudes du Maître de la Grande Maison: décider à plusieurs par la concertation dans l'intérêt collectif. Mais il le savait. Et puis quelque part cela ne le dérangeait pas. C'était son
dernier mandat.
Pour les autres, les éventuels candidats, cela était plus compliqué. Comment anticiper tout en ne fâchant pas le Gouverneur ? Car celui-ci avait encore bien la main mise sur la gouvernance et
décidait d'un claquement de doigt du devenir de n'importe lequel de ces concitoyens et encore plus de l'un ou l'une de ces "éventuels candidats."
San-Zairna de Boguenda - texte rédigé par Miguel X écrivain public.
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Par Nicolas Halgand
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Publié dans : Auteurs et acteurs
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