



"C'est le plus audacieux buzz que la droite
gouvernementale a lancé. Il s'agissait de contrer le dérapage de Brice Hortefeux sur les Arabes (qui ne posent pas de problème « quand il y en a un »). La cible fut le grand méchant
Internet. Internet n'avait pourtant rien à voir dans toute cette histoire, sinon que c'est Le
Monde qui a publié la vidéo sur son site.
Il fut donc décidé de décrire Internet comme une « zone de non droit », voire un outil « totalitaire ».
Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l'Assemblée, a ouvert la charge : Internet est un « danger pour la démocratie ». Il a exigé « un débat public sur la question d'internet et de la liberté ».
Patrick Devedjian, ministre de la relance, a lui aussi dénoncé le « fonctionnement malsain de la toile », déplorant que « la frontière entre vie publique et vie privée s'effaçait de plus en plus », ce qui est un élément de la définition du totalitarisme (à noter qu'il avait déjà utilisé l'argument il y a deux ans pour son propre compte).
Henri Guaino, conseiller du Président, est allé plus loin, lors de l'émission « Parlons net » :
« La transparence absolue, c'est le début du totalitarisme (…). La transparence, ça veut dire qu'il n'y a plus d'intimité, plus de discrétion ; plus rien n'a d'épaisseur dans la transparence, à commencer par les êtres humains. »
Enfin, bizarrement, le chroniqueur Alain Duhamel a également donné un écho à cet argumentaire dans une chronique de Libération au titre évocateur, « Totale transparence ».
Il y a quelques jours, l'argument du « début du totalitarisme » a été resservi froid par l'ancien ministre Yves Jégo, mais cette fois à propos de l'affaire Jean Sarkozy :
« Cette chasse à l'homme contre Jean Sarkozy, c'est le début du totalitarisme. »
Comme dans tout bon orchestre symphonique, on croise des violons, des grosses caisses, des flûtes et parfois un petit triangle."
Article récupéré sur rue89
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