Mercredi 2 septembre 2009
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L'école est archaïque dans
son rapport à notre société en pleine évolution. Elle se base sur la réussite et n'admet pas l'échec. Elle classe les élèves en trois catégories: les bons, les moyens et les mauvais. La France à
réussi son pari de démocratiser son enseignement mais en échange elle a continué d'inscrire son système scolaire comme un système hiérarchique, valorisant les forts et rejetant les faibles. Un
système empreint des habitus religieux. Les concours, les diplômes sont le reflet d'un système où la réussite est mis en avant au détriment du savoir. Au Canada, lorsque le jeune vit
l'échec scolaire, sa vie ne s'arrête pas pour autant.
Au bout du compte la jeunesse française n'a plus confiance en son enseignement. L'école de la République qui était à sa naissance juste, équitable et efficace, n'est plus. 85 % des scolaires
intérrogés ont peur d'interrompre un professeur lorsqu'ils ne comprennent pas une leçon, de peur d'être critiqués par l'enseignant ou par les camarades de classe.
Les lycées professionnels réunissent 40 % de l'ensemble des effectifs scolaires. Un nombre important mais qui est méconnu car nous en parlons très peu. La "voie de garage" n'intéresse pas
l'élitisme de la République. En France, nous avons trop tendance à envoyer nos "mauvais" élèves ou nos élèves "faibles" vers des classes professionnelles, persuadé qu'il n'y a pas besoin de
compétences pour y entrer. Alors que c'est faux. Dans la réalité la transmission du savoir est aussi important dans les lycées professionnels. La construction d'un navire demande autant de
compétences que l'analyse d'un texte de Zola.
Il faut une école valorisée et valorisante. Une école, où les professeurs ont une liberté d'action plus importante que celle d'aujourd'hui, basée sur des programmes ministériels et politisés,
plus que sur des savoirs à partager et à s'approprier.
Il faut une école où l'élève se sent accompagné, soutenu et reconnu. Une école où l'élève apprend à s'approprier des savoirs, apprend à faire des choix, apprend à s'affirmer. L'école ne doit pas
être un lieu censée sauver la société de tous ses tares.
Il faut une école autonome où chaque conseil d'administration possède une indépendance financière permettant l'innovation et parfois la prise de risque.
Il faut interroger le terrain et repartir des préoccupations des parents, des interrogations des élèves et des idées expérimentales des enseignants. Le pari de l'éducation nationale ne peut
passer que par la consultation et par la concertation des premiers intéresses.
Texte inspiré d'un article rédigé par des journalistes du Nouvel Observateur suite à un entretien
avec François Dubet (Sociologue) et Richard Descoings (Directeur de Scienc-Po)
Par Nicolas Halgand
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Publié dans : Billet d'humeur
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