Jeudi 18 juin 2009
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La France, pays
"laïc" se pose une question qui semble existentielle pour elle. Une question qui interroge encore une fois nos valeurs républicaines: le port de la burqa peut-il être autorisé sur notre territoire ? Après le voile à l'école et dans les administrations publiques, les valeurs de la France pays "d'accueil" sont encore
questionnées.
Le nombre de femmes portant la burqa est-il si important pour en faire un décret ou une Loi ? Est-ce que cet acte religieux est en pleine extension ? Les femmes
qui portent la burqa sont-elles libres de le faire ? Interdire la burqa aujourd'hui, est-ce un moyen de contraindre l'extension de ce port auprès des françaises d'obédience musulmane
?
Le libre arbitre est interrogé. Si la contrainte est prouvée, si le choix est voulu, cela n'empêche pas de se poser les bonnes questions : Pourquoi vouloir se cacher tout le corps ? Comment une
religion, aussi tolérante que l'Islam, peut-elle autorisée le port de la burqa chez les femmes musulmanes ?
Selon le Sheikh Ahmad Kutty au sujet du hijâb (le voile), il correspond au code vestimentaire islamique qui vise principalement à préserver la modestie, la dignité et l’honneur des hommes et des
femmes.
"Dieu, le Créateur des hommes, connaît notre nature mieux que nous. Aussi a-t-Il prescrit des règles appropriées à notre comportement et à notre apparence,
règles qui doivent être suivies quand les hommes et les femmes interagissent les uns les autres dans un milieu social. Parmi ces règles, il y a une prescription de s’habiller modestement, qui -
dois-je m’empresser d’ajouter - s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
Le hijâb fait partie d’un programme sacré d’éthique et de morale islamiques qui régissent l’interaction entre les hommes
et les femmes. En prescrivant la règle du hijâb, Dieu dit : « Dis aux croyants de rabattre de leurs regards et de garder leur chasteté. » « Et dis aux croyantes de rabattre de leurs regards, de
garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît. »
Commentant l’expression « ce qui en paraît », Ibn `Abbâs le fameux Compagnon et exégète du Coran, dit : “Cela désigne le visage et les mains.” En
d’autres termes, selon Ibn `Abbâs, une femme doit couvrir tout son corps sauf son visage et ses mains, lorsqu’elle est en présence d’hommes qui n’ont pas un rapport de parenté direct avec elle
- la liste de ceux-ci étant clairement exposée dans le verset 31 de la sourate 24, An-Nûr, la Lumière.
La majorité des Imâms - y compris ceux des quatre Ecoles juridiques et d’autres - partagent l’interprétation d’Ibn `Abbâs. Ils croient donc qu’une femme n’est
pas obligée de se couvrir le visage et les mains.
Cependant, un groupe de savants, appartenant en majorité à l’École de jurisprudence hambalite enseigne qu’une femme doit se couvrir le visage et les mains
également. Pour soutenir leur position, ils citent un hadith attribué au Prophète stipulant : “Tout le corps de la femme est une intimité (`awrah).”, et, par conséquent, elle doit se couvrir
complètement. Ils raisonnent aussi en disant que les parties du corps de la femme les plus attrayantes pour les hommes sont son visage et ses mains.
La position susmentionnée de la majorité des Imâms sur cette question semble être plus conforme à l’interprétation générale et aux preuves fournies par le
Coran et la Sunnah que la position de ceux qui recommandent à la femme de se couvrir le visage et les mains. Plusieurs arguments nous amènent à cette conclusion.
Premièrement, le verset du Coran cité plus haut semble supposer que les femmes à qui il s’adresse ne sont pas entièrement couvertes (c’est-à-dire en incluant
le visage et les mains). Sinon, il n’y aurait aucun sens de commander aux deux sexes de rabattre de leurs regards.
Deuxièmement, il y a un consensus entre les savants sur le fait que la femme n’est pas tenue de couvrir son visage et ses mains en accomplissant la prière ;
si ceux-ci étaient considérés comme une intimité, il serait certainement nécessaire de les couvrir.
Troisièmement, la femme est tenue de découvrir son visage lorsqu’elle est en état de sacralisation rituelle pendant le grand ou petit pèlerinage, ce qui
confirme ce que nous avons dit plus haut.
En outre, il y a une surabondance de preuves tirées des sources premières - le Coran et la Sunnah - démontrant que le hijâb n’a pas été prescrit par l’Islam
pour isoler les femmes, ni pour les écarter de toute implication sociale, ni de les empêcher d’être partie prenante dans les affaires de la communauté musulmane. La participation des femmes
musulmanes - à tous les niveaux de la vie islamique - est au contraire amplement documentée dans les sources de la Législation islamique, au delà de tout doute possible. Une telle participation
active, comme la décrivent les sources, n’est concevable que si nous admettons que les femmes n’étaient pas entièrement couvertes de la tête aux orteils.
A la lumière des arguments que nous avons avancés, nous concluons qu’une femme musulmane est censée couvrir tout son corps sauf son visage et ses mains :
c’est l’opinion de la majorité des savants, toutes écoles confondues. En tout cas, le fait de couvrir la tête n’a jamais fait l’objet d’un désaccord entre eux ; tous affirment qu’il s’agit
d’une partie intégrante du hijâb."
Voilà des réponses qui pourront satisfaire l'ensemble des protagonistes de cette affaire opposant nos valeurs républicaines aux pratiques religieuses
musulmanes. Le Coran ne reconnaît aucun moment cette pratique qui rabaisse la femme, celle qui nous a enfanté.
Par Nicolas Halgand
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Publié dans : Culture et Tolérance
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