Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 11:01
"Petit, quand tu grandiras, toi aussi tu pourras devenir Pouvoir mais en attendant tu te la fermes ! "

"Mais apprenez-leur la gouvernance, la cohésion sociale, ... ainsi ils nous foutront la paix. Mais attention apprenez le sens des mots, mais ne leur apprenez pas comment les utiliser, comment agir avec ces mots. "

" La Liberté, l'Egalité et la Fraternité", "la République, la Démocratie, la Laïcité" "Ok, mais qu'ils ne viennent pas empiéter sur nos plates-bandes. Ces mots, c'est bon pour les autres, va."

"La participation citoyenne, la démocratie participative ??? Ah, ah, ah, ah foutaise tout cela, quelle connerie ! C'est bien pour calmer les fauves dans la rue."


Le gouverneur et certains de ses sbires s'exprimèrent ainsi dans le bureau rectangulaire de la "Grande Maison". A chaque fois, les rires allaient bon train lorsque le premier de ces paires parlaient de cette manière au sujet de ces concitoyens qui vivaient collectivement dans des associations. Des associations, quel drôle d'invention, quel drôle de mot ?
Ces regroupements de personnes dans un même but étaient considérés aux yeux du gouverneur comme des "sectes" à bannir ; tout simplement parce que le pouvoir de certains faisait peur au pouvoir du colocataire de la "Grande Maison". "Des agitateurs de pancartes ! Voilà ce que sont ces collectifs !" tels étaient les mots du gouverneur à leur sujet.  Dès qu'il prenait la parole pour écraser ces "bouffons de la démocratie", la cour qui l'entourait toujours de très prêt, se mettait à rire ; seul moyen qu'elle avait trouvé pour montrer son approbation. Car dans le bureau rectangulaire, on écoutait plus qu'on ne suggérait ; telle était la pratique de la démocratie selon le gouverneur. Une pratique qui s'expliquait par les nombreux contacts qu'il avait et qu'il a encore avec Cuba, pays idolâtré.
Pour combattre ces dissidents de SA démocratie, une méthode avait été appliquée dès les débuts de son gouvernorat dans les années 80, s'implanter dans un maximum d'associations afin d'avoir l'oeil dessus et de pouvoir agir à tout moment dans le sens, non pas de la communauté, ni de l'intérêt du projet défendu mais bien dans celui de sa personne. Alors toute une ribambelle de lèche-cul, de tous les milieux s'était mis à la disposition du gouverneur pour pouvoir avoir une place dans telle ou telle association. Le but premier de cette mobilisation n'était pas, bien sûr, l'adhésion mais bien l'observation voire la délation auprès des services du gouvernorat. Le système ainsi implanté servait selon le gouverneur à défendre l'intérêt général et était une garantie contre la révolution des idées par les actes. Une politique d'implantation afin de garder un réseau de petits soldats à la solde du gouverneur.
La pratique n'était pas seulement appliquée pour le milieu associatif, très développé dans cette partie de la contrée, mais aussi au sein des services du gouvernorat. Les pôles administratifs misent en place sous forme des branches d'une étoile avec en son centre le gouverneur, permettaient un contrôle de l'ensemble du territoire, le public comme le privé.  La méthode n'était pas pyramidale vue de haut mais vue de côté, elle ressemblait toute fois à une pyramide mais avec cinq angles. L'araignée avait tissé sa toile. De cette manière, les frontières étaient bien distinctes, avec le Gouverneur, sa cour, ses pions et ses  moutons, tout ce
beau monde vivant ensemble  dans l'oeuvre architectural.
Le gouverneur était aussi dans le sens propre, considéré comme un bâtisseur de grands ensembles, souvent linéaires et gris de teint. Cet architecte des temps modernes voyait en sa contrée un avre de paix bétonné. Sur cet engouement, le seule action positive, car il faut en trouver une quand même, c'était celle envers ces administrés les plus démunis! leur trouver un logement décent dans un cadre de vie  plutôt bien pensé et dans un environnement sympathique, à proximité de l'océan et proche d'un fleuve. Cette action était d'ailleurs plus porté par son prétendant que par lui-même. En effet le gouverneur savait déléguer, surtout les dossiers les plus difficiles, voire les plus "casses-gueules". Et pour cela, il savait reconnaître les personnes non pas pour les mettre en avant mais plus pour les contrôler, voire pour les flinguer si besoin. La méthode était toujours la même et elle semblait bien fonctionner. Elle ne risquait pas d'être ébranlé ; pas en tout cas par l'opposition, plus des branquignoles qu'autre choses, qui passaient plus de temps à geindre qu'à agir. Et du fait de leur incompétence pour certain, de leur amateurisme pour d'autre, aucune contradiction n'était entendable et crédible.
Quelque part, les seuls opposants à cet autoritarisme gouvernemental devaient venir de l'intérieur, ; mais pour garder son mandat, il fallait la jouer fine, stratégique. 
(...).


 San-Zairna en Boguenda. Texte écrit par Miguel X - écrivain public. 
Par Nicolas Halgand - Publié dans : Auteurs et acteurs
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  • Nicolas Halgand
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  • Animateur engagé, passionné d'histoire et de généalogie, acteur amateur dans une troupe de théâtre, syndicaliste et militant politique.

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