« Le jeunesse a certes ses torts. Ce n’est pas un âge heureux. Mais une société qui la matraque à
toujours tort quand elle n’a pas su lui ouvrir les portes de l’Histoire »
F. Mitterrand (Mai 1968)
« (…) ouvrir les portes de l’Histoire. », une phrase dite dans un contexte bien
particulier par un personnage qui l’est autant, mais une phrase qui est encore d’actualité en ce début du XXI eme siècle. En effet, ce que regrette François Mitterrand au sujet des événements de
mai 68, c’est que la République n’a pas su donner toutes les clefs nécessaires à la jeunesse pour qu’elle puisse prendre sa place et n’a pas su les intégrer en son sein. Cependant après une
quarantaine d’années, le constat reste le même et l’actualité le montre bien, avec la crise des banlieues en automne 2005 et la mobilisation anti-CPE de mars 2006 ; deux événements à la fois
différents mais aussi similaires. Différents parce qu’ils n’ont pas touché le même territoire géographique, l’un les quartiers et l’autre la rue ; différents de part l’ampleur de la
mobilisation ; mais similaires par le même mal être qu’il en dégage, celui de se sentir exclu de la société.
Une histoire qui se répète au fil du temps et celle-ci est celle d’une jeunesse incomprise, mal dans sa peau
et parfois révoltée. Une jeunesse que la société laisse à l'abandon car comme dit l'expression "il faut que jeunesse se passe". Et c'est bien là le problème. C'est que la société part d'un
constat inéluctable, la jeunesse a un temps. Mais si c'est une raison pour ne rien proposer alors nous risquons d'aller au clash. La jeunesse se construit avec les expériences passées conscientes
ou inconscientes. Elle se construit aussi bien avec les frustrations qu'avec les passions du moment, avec les rancoeurs qu'avec l'évolution de notre société. Elle est imprévisible car peu
maniable, peu contrôlable. Ce n'est pas "le mouton de Panurge" de notre société. L'éducation nationale, les politiques de la jeunesse, les dispositifs d'encadrement n'en font pas ce qu'ils
veulent. Ils devraient s'adapter au changement perpétuel de cette jeunesse mais est de faite en décalage. Car entre la solution apportée à un problème, un autre problème surgit. Nous ne sommes
pas sur le même espace temps.
Alors il n' y aurait aucune solution pour faciliter l'intégration de la jeunesse dans notre société ? Si bien sûr. La connaissance et la reconnaissance. Connaître notre jeunesse c'est la
reconnaître. La jeunesse est l'affaire de tous, politiques, travailleurs sociaux, parents, habitants réunis. Nous sommes tous "co-éducateurs" vis à vis de notre jeunesse. Elle a besoin de se
sentir écouter, d'être soutenu, ... en quelque sorte d'exister. Pour cela, les solutions peuvent être simples: mettre en place des MOYENS pour faciliter la rencontre, l'échange, la projection, le
débat, le respect, la tolérance, l'inter-générationnalité, ... En bref, des moyens qui doivent permettre à la jeunesse de s'émanciper.
VOTRE AVIS M'INTERESSE !
Par Nicolas Halgand
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Publié dans : Auteurs et acteurs
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