Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 14:38

Jeunes de la Bouletterie : « Pas d'amalgame tours-délinquance »


Des jeunes de la maison de quartier de la Bouletterie. : Photo Mathieu Roulleau

 

Les jeunes du quartier de la Bouletterie dénoncent l'amalgame fait entre la baisse de la délinquance et la destruction des tours. Une stigmatisation qui les agace.

« Il ne faut pas assimiler la délinquance aux jeunes de quartiers, ça concerne toutes les couches de la population et tous les milieux sociaux ». Abd El Kader, 19 ans, stagiaire en comptabilité à la maison de quartier de la Bouletterie dénonce l'amalgame. Des jeunes habitants font leur analyse.


Des raisons sociologiques

Un habitant de la Bouletterie, 24 ans, qui compte créer son entreprise de produits de bien-être prend la parole dès son arrivée dans une des salles de l'espace jeunes. « Pourquoi les jeunes brûlent les voitures ? Certains le font pour s'amuser. Je condamne ces faits. Ils brûlent la voiture de leur voisin ou de quelqu'un d'autre du quartier. Lui, son véhicule, c'est son seul moyen pour aller au travail. La plupart du temps, il est assuré au tiers et pas dédommagé par son assurance. Mais il faut comprendre les raisons sociologiques qui font que ces voitures brûlent ».


Le chômage, « ça fait une bande de frustrés »

Billal, qui lui aussi vient d'arriver, intervient : « C'est à cause du chômage, on est abandonné par la société. C'est un manque des missions locales ». Le premier renchérit : « Les mecs, ils se lèvent tôt le lundi matin. Il se présente à une boîte d'intérim. On leur dit jour après jour : « C'est calme... ». Ils y retournent deux fois, cinq fois, dix fois et ils finissent par se décourager. Après, ça fait une bande de frustrés au pied des tours ou dans les cages d'escaliers »


« Tester leur adrénaline »

Ali, 33 ans, ancien agent de sécurité actuellement couvreur, débarque. « Le fait qu'il y ait moins de tours, ça éclaircit le paysage pour les gens qui sont en face ! Il y a toujours des gens qui sont dans les cages d'escaliers. Il y a une époque, dans les années 1980, il n'y avait rien d'autre à faire ».

Sur les actes d'incivilité, comme les poubelles incendiées ou les vitres des abris bus cassés il y a quelques jours devant la médiathèque Anne Frank, Ali a son explication. « Il y a toujours des jeunes qui veulent tester leur adrénaline. Et on sait tous ce que provoque l'alcool ».

M. R.
Par Nicolas Halgand - Publié dans : Auteurs et acteurs - Communauté : Journalistes et clubs presse
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  • Animateur engagé, passionné d'histoire et de généalogie, acteur amateur dans une troupe de théâtre, syndicaliste et militant politique.

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