La Ville de
Saint-Nazaire ré interroge le Projet Éducatif Local. Celui-ci date de sept ans avec une étape de réflexions qui a démarré en 2002 et avec un étape d' application, en 2005."Quels sont les besoins des jeunes de 12 à 25 ans ?" est la question qui nous a été posée. Pour pouvoir aisément répondre à cette interrogation, il faut déjà prendre conscience qu'il n'y a pas qu'une seule jeunesse mais plusieurs et que les réponses peuvent être similaires mais aussi différentes. Je retiens quatre jeunesses qui ne sont pas liées à Saint-Nazaire mais plus largement sur un plan national: le jeune intégré, le jeune en capacité de l'être, le jeune en recherche et le jeune désoeuvré. Pour ces quatre jeunesses, les besoins ne seront pas les mêmes, ils sont liés très souvent à l'approche que chacun se fait de l'espace temps: le choix, l'urgence, la priorité, l'immédiateté, ... Et de fait, les réponses des intervenants ne seront pas les mêmes non plus, liées cette fois-ci à la capacité de chaque groupe de jeunes à intégrer la notion de projection dans un temps plus ou moins long: à court terme, à moyen terme ou à long terme.
A propos de la jeunesse, sur quoi la municipalité peut-elle ou doit-elle intervenir ? L'éducation à travers les collèges et les lycées, la formation à travers des organismes reconnus, la santé à travers la prévention et l'information, le logement à travers l'autonomisation, le transport à travers l'accessibilité, les loisirs à travers la culture, le sport et la vie associative et l'engagement citoyen à travers les lieux d'apprentissage.
Entre partenaires nazairiens, nous faisons déjà le constat que le jeune a une multitude de possibilité sur Saint-Nazaire pour pouvoir "grandir" dans son autonomisation, à travers la vie associative, l'engagement sportif, à travers différents services municipaux. Ce qui manque, mais au niveau des professionnels ou des bénévoles associatifs, c'est le lien entre les différents interlocuteurs afin d'être cohérent auprès de "ces jeunesses".
Pour l'ensemble des jeunes nazairiens, leur point commun serait la recherche de l'autonomie, ne plus dépendre des parents, des institutions, des cadres imposés, ... mais alors nous pouvons nous interroger sur la place des différents intervenants dans l'accompagnement du jeune dans l'accès à son autonomie. "Il veut faire seul" mais en a t'il les capacités ? a t'il tous les éléments pour permettre d'accéder à son autonomie ? "Il veut être reconnu comme responsable" mais est-ce suffisant pour que l'institution le reconnaît comme tel ?
Lorsque nous écoutons les jeunes, nous nous apercevons très vite qu'il y a chez eux un désir d'indépendance voire pour certains de non-conformisme. Cela se ressent dans le besoin de se retrouver entre eux, dans le besoin d'avoir leur propre langage, leur propre code (vestimentaire, posture, façon de se saluer, ...) dans le besoin de "consommer" différemment des adultes ( alimentaires, addictions, conduites à risque,...). Pour pouvoir répondre à ces besoins, il faudrait que les actions soient en lien avec leurs attentes: un lieu pour se retrouver sans horaires, sans adultes, sans règles, ... Mais est-ce le rôle des institutions de formaliser des endroits où les règles n'existeraient pas ou seraient imposer par ceux qui ont plus de "tchaches" ? Je ne pense pas.
Il faut le compromis. Ecouter, débattre, partager pour que chacun puisse s'y retrouver. L'intervenant quel qu'il soit (parent, éducateur sportif, professeur, animateur, ...) doit devenir un référent et un relais permettant au jeune de connaître ses limites, de se tester, de se découvrir (éducation populaire) tout en lui permettant d'être accompagner.
(...)
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